Critique d'Alain Soral et du discours « anti-sioniste » en quenelle

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Le négationnisme pour les nuls :


Le négationnisme se veut toujours savant, écoutons l'une de ses figures


Dans les chambres à gaz d'Auschwitz, selon Alain Soral, les victimes auraient pu briser "la petite fenêtre de derrière" !

On voit clairement dans cette vidéo la différence entre la révision historique de l'holocauste, processus normal de critique de l'Histoire et le révisionnisme, qui est une tendance politique de minimisation ou de négation du génocide d'être humains durant la seconde guerre mondiale (principalement des Juifs mais aussi des Tziganes, des homosexuels, des handicapés, (...) et des communistes de toute nationalité).

Le nombre d'erreurs ou de mensonges et de falsifications de Soral dans ce court passage est proprement hallucinant :

  • Crétinerie scientifique absolue quand Soral suggère que du gaz aurait pu perdurer 60 ans dans la pièce.
  • Erreur sur la surface de la chambre à gaz d'Auschwitz I, augmentée d'un quart…
  • Ignorance scandaleuse sur la durée des gazages à Auschwitz, plus de trois ans et non moins de deux.
  • Malveillance haineuse et ironie déplacée basée sur une méconnaissance totale de l'histoire et de la topographie de cette chambre à gaz, en suggérant que la porte munie d'un carreau aurait fait partie de la chambre à gaz initiale. C'est encore une fois une contre-vérité historique. ».
  • Présentation frauduleuse du calcul du nombre de victimes du génocide des Juifs, qui n'a jamais utilisé « quatre millions et demi » à Auschwitz.
  • Présentation frauduleuse du nombre de victimes à Auschwitz (non pas quatre millions et demi, mais un million).
  • Stupidité totale quand Soral suggère que la totalité des victimes gazées à Auschwitz l'auraient été dans la chambre à gaz d'Auschwitz I. C'est une contre-vérité historique. Soral semble n'avoir jamais ouvert le moindre ouvrage d'histoire sur le sujet…
Voir : Alain Soral sur Auschwitz


Derrière, la théorie paranoïaque du complot sioniste :




Boston et Woolwich : des mains colorisées (mince, ils ont oublié de coloriser la veste !) et des poches de faux sang pour faire croire à l'attentat ! Soral croit à une chose pareille à l'appui d'une émission à scandale américaine sur les services secrets anglais !
Quant à l'assassinat de Kennedy : s'il s'agit d'un complot, est-il "sioniste" ? Kennedy s'était fait des ennemis très puissants : Lyndon B. Jonhson, George H. W. Bush, Richard N. Nixon, J. Edgar Hoover, Allen Dulles... La structure du pouvoir dans son ensemble, et notamment le complexe militaro-industriel, et les nombreuses Sociétés Secrètes étaient contre lui...


« Droite des valeurs, gauche du travail » donc « anti-sioniste » ?

Pour de nombreux amateurs de vidéos polémiques sur internet, Alain Soral est l'archétype de l'homme libre et insoumis. Libre-penseur, il est aussi le père que la jeune génération n'a pas eu. Et celui que certains aimeraient être ! Viril et macho, Soral est également un homme cultivé et éloquent, son élocution est facile et abondante. Interdit de TV, il utilise les nouvelles technologies pour diffuser une nouvelle forme de politique-spectacle, dans un style direct, franc et brutal à consommer sur internet.

Les rapports hommes / femmes, riches / pauvres, travailleur / spéculateur, juif / goy, ça le connait ! C'est un homme "de terrain" ayant vécu "dans le réel". Sociologue autoproclamé, Soral justifie ses sophismes improbables dans une suite d'analyses baroques, sortes d'études socio-historico-géopolitico-démographico-théologico-talmudo-eschatologique (!) servant une vision du monde parfaitement limpide et explicite mais déformée, car fondée sur des non-sens autant historiques que politiques (voir l'imposture soralienne).

Soral
Soral est un rhéteur de compétition, à la faconde énervée. Sa vocation d'intellectuel abordable et soi-disant courageux (parce que seul, derrière sa caméra, il accumule les procès !) lui permet de défendre les « honnêtes gens », travailleurs et patriotes contre l'avilissement programmé du monde. Dans ses diatribes, il conspue et fustige tour à tour le féminisme bourgeois, la société du spectacle marchandisé, l'anti racisme institutionnel, l'information manipulée des médias dominants... Sa cible est très large. Il s'agit du fonctionnement du monde dont il détient la clé de cryptage. Le monde et ses rouages, qui ont fini de lasser un public avide de vérités authentiques issues de la "vraie vie " mais que le politiquement correct laïcard de gauche aurait progressivement travesti et corrompu. Et ce depuis le projet franc-maçon que fut la révolution française et la déclaration des Droits de l'Homme dont elle accoucha (!) - jusqu'à mai 68, avènement du capitalisme mondialisé et « décadent », où commença la dépolitisation "sociétale" des luttes sociales (!)

Dans ce monde turbulent qui se cherche, chaque problème a pour Soral, le maître du logos hélléno-chrétien, une responsabilité métaphysique et religieuse juive (uniquement). Et c'est, en gros et pour résumer (ce qui revient toutes les deux phrases chez Soral) : « le sionisme ». Interprété ici, non pas comme un lobby ou une idéologie politique territoriale (ce qu'il est en réalité) mais comme la volonté de domination trans-nationale de la culture et de la religion juive, ayant pour projet le contrôle économique et politique mondial ! Le « Nouvel Ordre Mondial », juif, uniformisateur et totalitaire sur le monde non-Juif. Ni plus ni moins !

Mais Soral n'est pas antisémite et il va vous l'expliquer.


Orateur-boxeur, anti-communautaire « hélléno-chrétien » (!)


Soral se dit « judéo-critique » pour justifier de ses obsessions haineuses (« je ne suis pas juif car je ne fais pas 1m68 avec un gros cul », « ... mensonge talmudique », « ... communauté belliqueuse »...) .

Tel un adolescent vitupérant le monde, il répond ainsi avec foi et passion à ses propres questionnements. C'est un flot de paroles incessant, un véritable prêche ! Il use ainsi, à longueur de vidéo, de sa superbe pour justifier d'une sorte de crise identitaire. Car derrière son blouson de cuir et ses airs de bonhomme, moto Triumph et résidence secondaire, Soral est un vieux dandy bourgeois névrosé qui "se la raconte", virtuose d'une sempiternelle auto-définition - à domicile.
Soral est totalement auto-centré. Ses mains « centripètes » (qui reviennent systématiquement vers le corps du locuteur) trahissent d'ailleurs assez bien cet égocentrisme.

Si Soral est souvent pédant et prétentieux, il sait aussi être agressif et vulgaire. Or, pour lui, ce style est celui d'un homme authentique ne s'étant pas soumis au système. L'exact opposé des chroniqueurs TV, qui, selon Soral, "font les malins" dans leur tour marbrée, à l'entrée garnie de gardes du corps... Comme si, dans le format très marketé des émissions de divertissement et entre deux pages de pub, ces animateurs TV avaient pour mission d'être subversifs ou dissident (!) Soral a ainsi l'audace ingénue de qualifier ses adversaires de la télévision et des médias de "nabots" ou de "narcissiques impudiques" et de les accuser de manquer de courage politique. Or, accuser un animateur télé d'être narcissique n'est pas ce qu'il y a de plus original !
Il leur oppose ainsi, toujours dans son style très racialiste, la pudeur et le gabarit "hélléno-chrétien" qu'il croit être ses caractéristiques principales ! Oui, pour Soral, le corps même de ses adversaires télévisuels témoigne de leur flétrissement moral au cours des décennies. Or, il suffit de faire un tour sur Google pour voir Yves Mourousi, Léon Zitrone ou Jacques Martin en bras de chemise ! C'est là l'enfant Soral qui se souvient des animateurs de son enfance beaucoup plus corpulents et donc plus éthiques et plus moraux, selon lui. Souvenons-nous des vedettes de télé à larges épaulettes qui faisaient ressembler les speekrin météo à des lutteurs gréco-romains.

Or, pour quiconque a vu une vidéo d'Alain Soral, faussement modeste, parler de lui sur son canapé face caméra, "pudique et courageux" (même si c'est ainsi qu'il se rêve), ne sont pas les qualificatifs qui viennent immédiatement à l'esprit !

Alain Soral

Sur la forme, donc, le discours se voulant convaincant et pugnace est plutôt docte et sentencieux - et sur le fond, tout à fait péremptoire.
Pire, sur les sujets les plus importants, il est souvent totalement infondé. Soral utilise, toutefois, dans ses monologues de 4 heures, le panache et le brio d'un verbe intarissable, dans un savant mélange d'intelligence et de "bon sens gaulois", de virilité et d'érudition, pour servir un discours accusateur et pseudo-dissident contre le flétrissement du monde, ochestré et voulu, selon lui, par certains (les Juifs "sionistes") au détriment des autres (les pauvres Goys et les Juifs "du quotidien", soumis à l'élite financière dominatrice talmudo-sioniste internationale) !
Doté d'un charisme de tribun, il captive et fascine, avec cette façon de venir parler comme on vient boxer, un public plus ou moins jeune, par la promotion d'une vision révélée du monde, définitive et totale dans laquelle des vérités secrètes sont démasquées.

Le discours d'Alain Soral est ainsi conçu comme une boîte à idée servant à percer les plans du "nouvel ordre mondial". Cet ordre mondial productiviste et financier ayant dénaturé les valeurs humaines traditionnelles qui faisaient la cohérence et la force de la nation française industrielle, goy et enracinée, à l'époque où les enfants avaient peur de leurs parents, où l'homosexuel vivait son "loisir" (!), en toute discrétion et où Madame tout-le-monde veillait honnêtement au foyer au lieu de chercher du boulot... A qui la faute ?

Ce système mondialisé ayant selon notre gourou pour but d'avilir l'identité des peuples au bénéfice de l'impérialisme bancaire et financier sous jacent, appartenant à ce qu'il a nommé "la communauté organisée dont on n'a pas le droit de dire le nom", faisant référence à l'interdiction de l'incitation à la haine raciale mais dans le but d'en disqualifier la légitimité... De là à dire que les juifs ont organisé leur persécution en vue de dominer un monde ne pouvant plus les critiquer, il n'y a qu'un pas que Soral franchit de bon gré. Son ressentiment racial se faisant faussement passer pour de la judéophobie savante découlant d'analyses talmudiques à deux balles et, de pamphlets antisémites du XIXè siècle, entre deux couches de vidéos Youtube et d'analyses d'écritures saintes (!)

Voir l'analyse de San Sanchez :


Alain Soral le sait et le dit : ce mal a pour responsable « la communauté organisée dont on n'a pas le droit de dire le nom » (les Juifs)


Nous pourrions de prime abord croire qu'Alain Soral est une sorte d'Eric Zemmour en taille XL ! Mais nous voyons que derrière le discours révolutionnaire, prônant l'insurrection intelligente par la conscience politique éclairée, l'idéologie d'Alain Soral s'appuie sur une réalité appelée "antisémtisme". C'est un fait que nous allons démontrer. Nous verrons que cet antisémitisme n'est pas une provocation "anarcho-punk mais qu'il est un vrai racisme, maquillé en critique d'un système mondial.

Car l'art oratoire et la grandiloquence lui servent uniquement un discours manichéen et confusionniste. Ses arguments prolifiques témoignent d'une salade de culture générale mais son discours éloquent et méthodiquement argumenté est dramatiquement lacunair ecar biaisé par une lecture mono-causale, idéalisée et même mystifiée du monde et des rapports humains. Les phrases de Soral sont longues et travaillées mais sa subjectvité émotionnelle et ses partis pris infondés en limitent totalement la portée et la décridibilité d 'intellectuel sérieux.

Lui appelle ça "être un homme", être en phase avec son soi réel, fait d'os et de chair, le soi physique, qui a des préférences culturelles et qui appelle toujours un chat un chat... D'où cette prétention hallucienente et cette emphase tragi-comique. Celle de l'antisémite viscéral critiquant le sionisme au nom de la dignité de l'homme. D'où l'on peut dire que Soral est un escroc intellectuel et un danger moral pour ses auditeurs.

Car pour expliquer ce pouvoir mondial néfaste agissant secrètement, Alain Soral, très prolixe, succomber toujours à la "tétrapilectomie" (l'art de couper les cheveux en quatre) du pervers narcissique, ne pouvant décrire et expliquer la réalité multiple et complexe du monde en dehors de cette grille manichéenne, pseudo-théologique et racialiste, dans laquelle les forces du Mal (Soral parle souvent de Mammon, démon de l'avarice, qu'il associe au judaïsme) s'opposent aux forces du Bien (chrétienté et islam, selon Soral).

Car l'on découvre, en effet, que le pseudo-antisionisme de la dissidence érudite de Soral s'inscrit dans une simple rhétorique antisémite et complotiste (« projet de domination mondiale et mondialiste au nom d'une élection divine », etc.), qui entend fournir une « explication » raciale et culturelle à un ensemble de phénomènes politiques, économiques et sociaux, cependant bien réels par la dénonciation d'une oligarchie invisible et mouvante, faite de réseaux et de structures secrètes… au-dessus des Etats et des cadres officiels d'exercice du pouvoir, politique ou économique. Ainsi, la "raison raisonnante" de Soral est une folie.

En effet, comment peut-on croire que le monde soit dominé par un peuple, une race, une religion ? Comment peut-on croire qu'il existe un plan secret de domination mondiale ou que les intérêts économiques, les décisions politiques et les choix sociétaux de chaque état soient guidées par l'entremise d'une élite cachée aux seules commandes de la finance ?

 

antisémitisme



Soral considère, cependant, le génie Juif des siècles passés (entre autres Karl Marx) pour l'opposer à ce qu'il considère être la faiblesse morale et intellectuelle de l'époque actuelle. Dégradation, selon lui, de la culture occidentale causée par la volonté de puissance d'une communauté moralement, intellectuellement et même physiquement inférieure (!) : la communauté juive "organisée" (sous-entendu : le complot juif rendu possible par un puissant réseau maléfique voulant nuire à l'intérêt commun...).
De même, selon lui, le "féminisme sociétal" est une volonté juive sioniste. Le capitalisme est juif. Et la finance est juive ! Pour résumer l'esprit de Soral, toute "perte de valeur virile et chrétienne", c'est à dire tout ce qui dissone de son idéal "hélléno-chrétien" fasciné, fantasme d'une culture raciale homogène et moralement intègre à laquelle il croit appartenir, est juive !
Cela est dit avec tant d'habileté de langage et de sérieux sincère que l'on oublierait presque que ces propos "égolâtres", confinent à la bouffonnerie criminelle et sont purement et simplement une incitation à la haine raciale.


Alain Soral, jaloux et humilié, dénonce le complot mondial caché

C'est donc la vieille rengaine soralienne : le complot judéo-maçonnique anti-chrérien contrôle le monde avec la responsabilité des élus droite-gauche manipulés ou complices ; les Juifs responsables de la déliquescence du monde et de ses valeurs ancestrales ; l'holocauste, point de départ d'une domination des Juifs, justifiée par l'histoire... Tout y est. Détestation raciale, négationnisme de l'holocauste. Le talent de Soral est de mettre à jour de ces vieux refrains antisémites par le commentaire détaillé de l'actualité, permettant de digresser sans fin sur les responsabilités ignorées et cachées d'un Mal planétaire menaçant la paix mondiale et la souveraineté des Nations et des peuples. Rien de moins.

Il est frappant de constater que ce système de pensée est typique de la psychose paranoïaque, chez des personnes d'ailleurs hyper-intelligentes et aimant parler. Celle-ci se manifeste, en effet, selon Wikipédia, chez des sujets ayant des traits de personnalité fixes et rigides et entraîne une surestimation pathologique de soi-même (hypertrophie du moi), une méfiance extrême à l'égard des autres et une fausseté du jugement, dont le malade n'a pas conscience.

Quand Soral parle des souffrances du peuple Français, c'est donc assez sincèrement qu'il digresse inévitablement vers la vieille fable du travailleur patriote de bonne volonté, spolié par le Juif apatride aimant l'argent... Car tout l'esprit de Soral est là.

Dénoncer la politique israëlienne n'est pas tant son sujet.
De même, il ne déplore pas la relative soumission des Etats démocratiques à certains régimes totalitaires producteurs de pétrole. Soral l'homme libre n'a pas grand chose contre la Charia. Celle-ci doit être, pour lui, la conséquence logique d'une religion cohérente et saine. Par exemple, le fait qu'une musulmane ne puisse épouser un non-musulman ne sera pas, pour Soral, du tribalisme. Mot qu'il affectionne tant à l'encontre des Juifs !
Il ne revient jamais non plus sur l'interprétation erronée, les interdits invraisemblables et les superstitions, qui rendirent tyrannique la religion catholique aux siècles passés. Les croisades, les pendaisons, la notion d'amour, conditionnelle et rancie ou l'évangélisation forcée des peuples exploités ? Non, le christianisme ayant toujours eu, selon lui, une pudeur considérable envers l'argent et le prêt à intérêt, la religion catholique est restée à sa place et n'est donc pas critiquable. Or, cela est faux, selon Jacques Heers qui écrit dans « Le Moyen-Âge, une imposture »: « (...) l'origine du développement capitaliste, par le prêt à intérêt sur grande échelle, la commandite et la société anonyme, remonte à l'Italie du XII° siècle. Alors, toujours, que la première grande crise du capitalisme, liée à l'explosion d'une bulle spéculative, a lieu en Lombardie, au début du XIV° siècle, en plein Moyen Âge. »
Mais pour Soral, seule la religion juive est spéculatrice, belliqueuse et dominatrice. Elle comporte, dans sa vision du monde et son interprétation erronnée, un danger politique, économique et culturel qu'il faut combattre et dénoncer !

Dire des vérités étant différent de dire la vérité, mêler la vérité au mensonge est la meilleure stratégie pour faire passer le mensonge pour la vérité. C'est ce que fait plus ou moins consciemment Alain Soral. Son projet enferme les gens tentés par la dissidence dans une voie de garage intellectuelle. Car pour Soral, c'est très simple, le système a été verrouillé par le pouvoir de quelques uns (Juifs pour la plupart) sur tous (musulmans, chrétiens et autres Goys "soumis"), depuis le procès, selon lui partial et truqué, de Nuremberg et la repentance, selon lui "éternelle" de l'holocauste des Juifs... Rien à ajouter.

Soral ne se contente pas d'analyser et de critiquer certains aspects historiquement admis. Il fustige fréquemment la Loi Gayssot, car elle empêche, selon lui, toute étude historique sur l'holocauste. Mais rappelons que la Loi Gayssot qualifie de délit la contestation de l'existence des crimes contre l'humanité et non la recherche scientifique sur l'holocauste, quand elle a lieu. Et elle a ieu. Divers avis co-existent d'ailleurs, sur certains points.
Soral ne se contente pas non plus de brocarder des excès ni de dénoncer le tabou lié à la critique des Juifs comme religion ou comme tradition culturelle... Non, Soral affirme, comme Dieudonné, que les Juifs sont malfaisants et que l'holocauste est un mensonge historique frabriqué pour permettre aux juifs de dominer un monde repentant.


« Viril et correct » donc antisémite ?


Soral a l'aisance oratoire et la suffisance rhétorique d'un gourou sincère, il se qualifie lui-même d'intellectuel "viril et correct", ses explications politico-sociologiques sont édifiantes : les médias dominants servent l'oligarchie mondialiste, les sociétés secrètes illuminati sont sataniques, le mariage pour tous est un projet sioniste de destruction de l'identité culturelle de la France, le Blanc hélléno-chrétien partage la même vision du monde honnête et anti-spéculative que son frère Arabo-musulman, les femmes, trop émotionnelles, sont dénuées du pragmatisme froid de la compétition et de la politique, la finance elle, est par nature apatride et anti-nationale, la compétition sportive pour les handicapés est une insulte à l'esthétisme du corps, etc... Toujours dans un style profe-Soral (!), où la culture sociologique autodidacte et l'analyse à l'arrache de la géopolitique mondiale (crypto-analyses paranoïaques soraliennes ) semblent s'imposer d'elles-même, sans devoir subir la moindre contradiction ! Gare à celui qui viendrait s'opposer. Soral l'écraserait par ses mots !
Car ses écrits et ses interventions vidéos voudraient livrer des fulgurances, son débit intarissable et son style outré alimenter des constats pertinents mais son approche irrationnelle des faits historiques à commencer par l'extermination des Juifs durant la seconde guerre mondiale - permettent de discerner qu'Alain Soral est un sophiste à l'esprit malade.

Voici un montage humoristique intitulé « Comprendre l'Empire Islamo-Judéo-Trotskiste des Qatari anglo-américains... J'extrapole ! » :

Cette vidéo humoristique démontre comment Alain Soral fait reposer tout son raisonnement sur des figures, qui sont comme des séquences-clefs lui permettant de "retomber sur ses pattes", quoi qu'il dise ! Car la plupart du temps Alain Soral ne prouve absolument rien ! Le seul argument dans cet exemple est que "quelqu'un travaille pour qui le paye". Soit. Il enrobera alors toute son argumentation de passages obligés dans sa rhétorique, qu'il va pouvoir redistribuer ou bon lui semble (on peut d'ailleurs tout a fait inverser les arguments, ça n'y changerait rien) afin de faire croire qu'il y a un raisonnement. Et il va également toujours aller chercher une figure étrangère au sujet pour pouvoir continuer son raisonnement délirant (d'où l'effet comique du "j'extrapole" final !) :



C'est ce discours monomaniaque sur le "sionisme" et cet antisémitisme délirant qui le discréditent et le rendent définitivement inaudible.
Car, bien évidemment, le processus de domination dans la société n'a pas attendu "l'américanisation sioniste" et l'exploitation de l'homme par l'homme n'est pas une invention sioniste ! Lorsqu'une famille royale régnait sur l'Europe, fruit de multiples alliances par le mariage, et où les nobles n'avaient pas les même droits et privilèges que les roturiers, c'était déjà une élite mondialisée qui régnait à travers les colonies sur la majeure partie du monde et qui exploitait les peuples soumis.
Et l'escalavage ? Quand des Blancs européens et américains, des Arabes et parfois des Berbères, des Persans, des Juifs mizrahim, des Indiens, des Javanais, des Malais ou des Chinois, quand des hommes se sont octroyés des territoires et ont exploité et négocié d'autres hommes, jusqu'à la fin du XIXè siècle, en Afrique et dans les îles, s'agissait-il de sionisme ?
Soral et Dieudonné savent-ils que les juifs ont été ceux qui ont eu le moins d'esclave et la Thora et le Talmud encadrent très strictement cette pratique, octroyant à l'esclave des égards particuliers. Voir : Wikipédia : pratique de l'esclavage par les juifs

Quant à ce que l'on pourrait appeler la "domination" commerciale et économique, en quoi des multinationales telles que Philip Morris, Mac Donald, Coca-Cola, Samsung, Apple, Motorola, Amazon ou Microsoft seraient-elles motivées par un projet modialiste au service d'intérêts « talmudo-sionistes » (Soral adore ce mot !) ou même israéliens ? A part rendre certaines personnes dépendantes, obèses ou... mortes !...

Mais pour Soral, la domination mondiale des « sionistes » n'est pas le fruit de guerres anciennes et tangibles, elle n'est plus faite d'affrontements idéologiques identifiables, de combats territoriaux ou économiques, elle est un complot invisible et surpuissant, voulant instaurer la domination d'une élite oligarchique faite de spéculateurs apatrides (= juifs). Qui, aidés par la franc maçonnerie et les sociétés secrètes, ont un projet d'annihilation des identités culturelles et raciales des Nations, au profit de la terre juive d'Israël comme souverrain du monde. Pas moins !

Mais contrairement à ce délire obsessionel, que Soral partage avec Dieudonné, le sionisme, contrairement à ce que prétend Soral à longueur de vidéos, n'est pas non plus la volonté d'une gouvernance mondiale ayant pour capitale Israël au nom d'une élection divine (!) mais une idéologie nationaliste prônant l'existence d'un centre territorial ou étatique peuplé par les Juifs en Terre d'Israël. En ce sens, Kemi Seba, faux prophète de la négritude « ethno-différencialiste » est un "sioniste" à l'Africaine ! Mais Soral, qui soutient Seba, n'est pas à une contradiction près.

Kemi Seba
Concernant le fait que les Juifs seraient devenues "intouchables" et domineraient le monde, il ne faut pas manquer d'observer plusieurs choses :

- rappelons, pour commencer, que de nombreux Juifs étaient médecins, banquiers ou journalistes en France avant l'holocauste (rappelons aussi qu'il y a aujourd'hui des juifs au chômage ou au RSA)... ce n'est pas une situation privilégiée héritée de l'après guerre ;

- notons, également qu'il est rare que soit fustigée une communauté dont les rites culturels ne causent pas de troubles à l'ordre public ni de débat de société.
Soral rappelle souvent que les Juifs sont 1% de la population. Il n'y aurait donc que la politique et l'économie qui puisse leur permettre de réaliser un projet de contrôle mondial et de domination sans partage ? Or, la Chine et les Chinois, qui n'ont jamais bénéficié de "statut de victime" sont aujourd'hui la première puissance économique et commerciale du monde, le deuxième fournisseur de la France après l'Allemagne et deuxième au classement du nombre de milliardaires dans le monde ;

- notons, également, que les personnes d'origine sub-saharienne ont elles aussi bénéficié d'un statut de "victimes" pendant les années 1980 et 90 en France, à l'époque de SOS racisme. Tout collégien de cette époque, à qui on avait appris, bien plus qu'aujourd'hui, à culpabiliser sa conscience pour le racisme séculaire des Blancs, se souvient que le mot "Noir" était tabou, au risque de paraître raciste !

- si plusieurs comiques ont ri des Juifs avec intelligence, il n'y a jamais eu, avant Dieudonné, ce comique nihiliste, de telle volonté de salir la mémoire ni de calomnier une communauté ;

- Notons enfin, que le journal « Shoah Hebdo », qui est une publication objectivement antisémite est librement en vente sur Amazon (Amazon, une des plus grosses entreprises américaines et dont le PDG Jeff Bezos né au Nouveau Mexique figure parmi les vingt personnes les plus fortunées du monde) ;




Shoah Hebdo Or, pour Soral, il n'y a pas de précaution oratoire à prendre avec un peuple génocidé aux deux tiers il y a moins de 70 ans (!), car ce peuple, et sa tradition religieuse, selon lui dominateurs et vicieux, profiteraient de ce statut de "victime intouchable" pour mettre en oeuvre une volonté hégémonique et totalitaire sur le monde (le Mal). Monde dans lequel le christianisme et l'islam, seuls, seraient une expression culturelle et une tradition, à la fois respectables et utiles à la Société, depuis toujours et en tout point (le Bien). S'en moquer témoignant, d'ailleurs, selon Soral, de l'irrespect de la pensée laïcarde de gauche, protestante et franc-maçonne (et juive).

Voici ce que Soral prétend démontrer à longueur de vidéo, analyses géo-théologico-politiques et extraits talmudiques à l'appui !
Ne comptez pas sur Soral le patriote pour dénoncer le fait que Charb, directeur de Charlie Hebdo, ait du bénificier, en France, d'une protection policière pour ses caricatures du Prophète de l'islam ! Car s'il a été assassiné en janvier 2015, cela doit être certainement l'oeuvre du Mossad planifiant la guerre civile inter-culturelle en France. Alain Bonnet est de toutes les théories du complot depuis les démolitions contrôlées des tours jumelles du 11 septembre 2001. Voir à ce sujet le site déboulonnant ces théories fort convaincantes : http://www.bastison.net/

« Beaucoup de gens me regardent et m'écoutent, donc j'existe »



Soral goy

L'analyse psycho-affective de notre sujet nous permettra d'en savoir plus sur l'origine de ce narcissisme blessé, de cet exhibitionnisme arrogant. Elle pourrait expliquer le délire de persécution obsessionnel que Soral entretient à propos du « sionisme » qu'il semble vivre personnellement comme une tyrannie.

Se qualifiant lui-même d'« enfant mal-aimé », il vit une enfance difficile en raison d'une mère qu'il juge « passive et froide », et de la violence de son père qui le bat. Selon sa sœur Agnès, il aurait également souffert, au cours de son enfance, de l'expropriation par l'État de terrains forestiers appartenant à son père.

Son père, en plus de l'avoir battu, semble l'avoir totalement ignoré au profit de sa soeur - ce qui a pu faire naître ou renforcer sa tendance à la mythomanie : « je mens pour exister ».
Des vidéos sur Youtube le montrent chez Thierry Ardisson expliquer que sa soeur aurait eu la vie facile à côté de lui.

Pierre Desproges disait que les racistes se "trompent de colère". C'est tout à fait ce que l'on imagine chez Soral si l'on considère que ce dernier, dans une volonté hystérique de reconnaissance, a déplacé son sentiment d'injustice et d'humiliation familiale envers une communauté ethnico-religieuse.

Ne donnons, toutefois, pas raison à Soral, qui déplore l'approche psychologisante, selon lui, "féminisée" de la pensée et du discours. (Notons que Freud, Jung et Lacan étaient des hommes, Françoise Dolto faisant figure d'exception...) Soral accuse souvent ses détracteurs de sortir ses propos de leur contexte ou d'utiliser ce qu'il appelle la "casuistique dialectique talmudique" (!), qui est pour lui un ensemble d'arguments spécieux ou sophistiques destinés à faire perdre toute intégrité globale aux arguments de l'adversaire. Rappelons que la casuistique a été utilisée par Blaise Pascal. Il s'agit de l'étude de faits particuliers afin d'aboutir au dégagement de lois générales. C'est l'excès de son usage qui empêche la compréhension globale et directe d'une idée.

Or, à l'inverse, dégager des lois générales sur la base d'apriori culturels et du bon sens Gaulois, comme le fait Soral à longueur de vidéos Youtube, même en se basant sur une grande culture générale et en maniant le verbe avec aisance, c'est oublier des phénomènes particuliers et c'est au final oublier et nier l'intérêt de la différence et son droit absolu.

C'est pourquoi nous nous contenterons d'écouter Soral et de le juger sur l'ensemble de son propos sans pour autant dénoncer la forme, de son mode d'expression ni l'une ou l'autre des expressions provocatrices.
Nous aboutirons quoiqu'il en soit, au travers ses idées, à la limite raisonnable de son discours et donc in fine, à l'inutilité publique d'Alain Soral.

En effet, à l'entendre et à le lire, on discerne, derrière son ambition déclarée de réconcilier les citoyens français, l'affirmation d'une supériorité de l'homme Blanc non Juif et de ses valeurs. Soral dit « hélléno-chrétien ».
Ecoutons, à ce sujet, la comparaison pathétique que Soral établit entre un journaliste et un homme d'Etat, afin de se donner l'occasion de livrer une "analyse racialo-communautaire" savante et justifier ainsi ce qu'il appelle la "juste hiérarchie des cultures" (!) :


Pour Soral, l'antisémitisme est un humanisme !

Cette supériorité est selon lui légitime et naturelle, à la fois moralement et physiquement sur le Juif, le sémite en général et finalement, le Noir... qui a, selon Soral, raison de prôner le retour aux sources (!) En effet, Soral qualifie la politique d'immigration, qui n'a selon lui plus de raison d'être en raison du chômage, de volonté de métissage forcé menant à la destruction des identités culturelles et à la violence urbaine. Nous retrouvons ici Eric Zemmour et le Grand Remplacement. Mais les réacs se détetent entre eux. Soral casse la gueule à Conversano le nazi, ses fans dégobillent sur Zemmour.


Que Soral l'anti-communautaire soutienne Kemi Seba, l'activiste Noir qui a longtemps refusé l'entrée à son groupe éponyme aux Blancs, est tout à fait révélateur de ses contradictions égalitaires et "réconciliatrices". Kemi Seba est lui aussi un orateur suffisamment inculte et antisémite. Comme Dieudonné, il remet en cause la réalité de l'holocauste et la souffrance juive, qu'il compare avec la traite nègrière, pour déverser sa jalousie haineuse sur ceux dont il dénonce le statut de victime illégitime, existant, selon lui (comme pour Dieudonné) au détriment des Noirs.

Tout le propos d'Alain Soral est résumé dans cet axiome. Le monde est dominé par la religion de la « Shoah », terme qu'il dénonce comme étant un marketing victimaire, une invention n'ayant pas été prononcé à Nuremberg mais tiré du film documentaire de Claude Lanzmann (1985). Soral ignore-t-il que « Shoah » veut dire « anéantissement » et « catastrophe » en Hébreu et que ce mot était une autre manière de dire « holocauste des Juifs » ? Comment Soral peut-il faire croire de manquer autant de culture ?

Mais, on l'aura compris, pour Alain Soral, l'holocauste des Juifs durant la seconde guerre mondiale n'a pas vraiment été une catastrophe humaine.
Il a été, selon lui (il faut le lire et l'entendre pour comprendre son obsession terrifiante !), surévalué et utilisé dans le but de créer et soutenir le complot maléfique d'une race faible, utilisant la ruse et le mensonge pour dominer le monde (!)

Au delà de ce discours flippant, Soral affirme avoir un projet politique « national-socialiste », mais ne l'accusez pas d'être antisémite et négationniste, il dirait que vous êtes soumis au « chantage mémoriel » et réduisez ad hitlerum le génie hélléno-chrétien... de son Logos magnifique ! Préfèrez le slogan tout à fait consensuel et hypocrite, qui coiffe son site internet auto-promotionnel Egalité et Réconciliation : « Gauche du travail et Droite des valeurs : pour une réconciliation nationale ! » Vaste blague.

Mais si vous ne pensez pas être soumis malgré vous à un "système satanique" mondialisé ni que le « sionisme » dirige le monde et le menace d'une dégradation globale de ses valeurs morales humaines et civilisationnelles, pour le contrôler et le soumettre à sa volonté raciale belliqueuse, oubliez Soral. Vous n'êtes pas antisémite !



Best-of anti-juif d'Alain SORAL